Aller à l’étranger quand on habite l’Australie

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Cet article, cela fait un petit moment qu’il me trotte en tête, je trouve enfin le temps de l’écrire ! Car depuis que l’on habite Melbourne, le Little Boy in Boots, Million Dollar chat et moi, on a dû en même temps se préparer à un voyage au Canada, pour le mariage de deux copains.

Hiiiiiiiiiiiii ! (excitation)

Pour la petite histoire, cet article a été écrit en deux temps : la police normale représente le moment où j’ai préparé ce post, avant le départ, en me basant sur mes expériences passées à bord des avions de Qatar Airways ou Emirates. La police en italique représente les idées plus ou moins loufoques qui me sont venues pendant ce fameux périple. Âmes sensibles s’abstenir.

Le voyage à tout prix

(Jeu de mots pourri, je m’en excuse d’avance.)

Le voyage, voilà ce qui nous a toujours rassemblé, le Little Boy et moi. On adore visiter de nouveaux endroits, rencontrer des inconnus, partager un repas, mettre nos pieds dans l’eau tout en buvant un cocktail. Donc forcément, quand Mrs Bride et Mr Groom nous ont annoncé leurs fiançailles, on était les premiers à sauter de joie (pour leur union évidemment, mais aussi pour l’aventure que cela représentait !). Imaginez un peu, dans nos petites têtes : le Canada, les grands espaces, les forêts de sapin, les ours bruns, les torrents tumultueux… Bref, on a signé tout de suite.

Et puis, au fond, qu’est-ce que c’est que 32 heures d’avion… et 17 heures de décalage horaire ?

Là où ça s’est un peu compliqué, c’est quand il a fallu se pencher sur l’organisation de la chose. Et bien sûr, cela a commencé par un petit tour sur les sites de compagnies aériennes. Et là, ô surprise, la douloureuse, en deux points : pour aller à Regina, au centre du Canada, il faut (tenez-vous bien) passer 32 heures dans trois avions différents ET débourser la modique somme de 2500 $ (par personne, cela va sans dire).

Arg.
Je ne sais pas ce qui me reste le plus en travers de la gorge : le prix ou la durée ? 

Bon, que ce soit clair, cette année, entre le déménagement, l’achat de la maison et cette petite escapade outre Pacifique, nous sommes ruinés.

Relativisme

Mais hauts les coeurs, on est contents quand même, d’autant qu’ils sont vraiment chouettes nos copains canadiens, et que le Little Boy fera partie des Groomsmen (il est garçon d’honneur, en bon français). Soyons fous, nous avons donc réservé nos billets, en nous disant qu’on allait voir et faire plein de choses rigolotes en Amérique du Nord. On le savait en s’installant ici, mais la perspective concrète de passer 15 heures coincée dans le premier avion jusqu’à Los Angeles ne me réjouit pas plus que ça, bizarrement. (Et soudain un vol de sept heures me paraît tellement court et agréable. Limite une balade entre deux nuages.)

(Vous m’entendez grincer des dents, ou c’est juste moi ?) Et encore, il faut remettre les choses dans leur contexte. Car au moment d’embarquer dans l’avion n°1, voilà plus ou moins ce qui se passe dans votre tête :

Heure 1 : Tout va bien. Sur l’écran, il est écrit que le trajet va durer 14h20, c’est seulement 20 minutes de plus que le Melbourne-Doha auquel nous sommes habitués. Ça va le faire. L’avion a décollé à l’heure, ils nous nourrissent, il y a des films sur l’écran et on a même de la place pour nos petons. Que demande le peuple ?

Heure 3 : On a fini LE film français sélectionné par Quantas (aaaah, si seulement il y en avait plus, ça ne court pas les rues ces petites bêtes sur le sol australien). Bon tant pis, on passe à des séries américaines à rires préenregistrés.

Heure 6 : On s’étire un peu, fait quelques pas de danse dans les allées sombres (les stewards ont fermé les « volets ») et surtout on boit de l’eau, parce qu’on est des passagers bien avertis. Le Little Boy entame un troisième film, le sourire aux lèvres (il a été nourri une deuxième fois).

Heure 9 : Héhé, on tient le bon bout. Plus que six heures. (Plus positifs que nous tu meures.)

Heure 10 : Soudain, quelque chose de bizarre se passe dans votre cerveau. Un truc vrille. Le bruit du moteur vous tape sur le système, comme ça, sans prévenir, et vous avez un brusque besoin d’air (frais). Genre maintenant, TOUT DE SUITE. LAISSEZ-MOI SORTIR. Sauf qu’il reste quatre heures vingt de trajet, vous indique votre écran. 

Heure 12 : Vous avez beau vous tourner dans tous les sens, rien à faire, votre siège vous semble dur comme du bois. Votre esprit vagabonde vers des pensées plus ou moins glauques : « Et ce bruit, là, c’est normal ? » Vous vous imaginez vous crasher au milieu du Pacifique. Ce qui serait dommage, car on y est presque.

Heure 13 : Vous perdez tout sens commun : « PLUS JAMAIS, tu m’entends ???! On restera à Melbourne pour le reste de notre vie. »

Heure 14 : Plus que vingt minutes. Les vingt minutes les plus longues de votre existence. Bergson avait raison, le temps est relatif.

Heure 14h21 : Mais quand est-ce qu’ils ouvrent ces fichues PORTES ?!

Limite, un trajet pareil vous fait regarder votre Paris-Melbourne (23 heures d’avion et 8 ou 10 heures de décalage en fonction de la saison) comme de la gnognote. Un trajet long-courrier pour les débutants. D’abord parce qu’il n’y a qu’un seul changement. Ensuite parce que là on va y passer neuf heures de plus, dans la boîte volante.

Ah ah ah… Aaaaaaaah.

Et oui, maintenant que nous sommes ici, tout est LOIN. La Nouvelle-Zélande, pays le plus proche de nos amis australiens, est à quatre heures d’avion de Melbourne, tandis que Bali, destination très prisée de par ici, est à six heures de vol. On oublie tout de suite le week-end romantique à Venise, le moindre déplacement à l’étranger ressemble plus ou moins [carrément] aux douze travaux d’Hercule.

Fossé culturel

Et là où ça devient vraiment étrange, c’est que la réaction du Little Boy me laisse démunie. Un optimisme à m’en faire tomber les bras ! Ce doit être le gène « râleur » de la Française de base, certainement, mais en bon Australien moyen, le Little Boy se REJOUIT de ce trajet en avion. No worries, comme ils disent si bien.

« Bah quoi ? Les repas sont compris, on peut même boire un petit verre de vin et regarder plein de films ! »

Oui, à 2500$ le billet, c’est vraiment cool qu’ils nous nourrissent. Il ne manquerait plus qu’ils nous laissent mourir de faim. Les films sont certainement là pour que les passagers ne s’entretuent pas au bout de la dixième heure, mais tu as raison, on peut voir le verre à moitié plein. (Ça me rappelle que lors de mon dernier Paris-New York, ma voisine avait renversé tout son verre de vin rouge sur mon pantalon après seulement deux heures de vol…)

La bonne nouvelle : il y aura quelques films en français dans l’avion, je vais pouvoir me faire une petite orgie.

Correction post-vol : Il y avait trois films français dans la base de données Quantas dont La Môme, c’est carrément du réchauffé, non ?! La loose. Heureusement que j’avais pris un bon livre.

Voyager à l’Australienne

Bon, comme il ne sert à rien de ronchonner alors que l’on part en vacances (et que c’est quand même cool même si on va mettre trois jours à rentrer, entre le temps de trajet et le décalage horaire qui nous fait perdre une journée), essayons de voir les choses du bon côté et de rentabiliser les quinze jours de congés dont nous disposons !

En parfaits petits Australiens, nous avons donc organisé notre voyage de la façon suivante : d’abord, nous allons éviter de faire les 32 heures d’affilée (ouf). Une pause en Californie nous fera le plus grand bien, d’autant qu’ils prévoient 27°C. Ensuite nous enchaînerons avec le reste du trajet, pour rejoindre nos amis au Canada.

Et ça, c’est typiquement australien : quand ils voyagent, même pour une durée limitée, ils vont TOUJOURS dans plusieurs pays. Jamais juste en France ou en Espagne. Non non. Ils vont en Croatie, à Hong Kong, Londres, peu importe, mais ils ont un besoin féroce de visiter plus d’un pays. C’est amusant, car personnellement je préfère approfondir le pays que je visite. Mais c’est certainement parce que les autres pays se trouvaient tout autour de moi, à portée de main, et que j’ai eu l’habitude de voyager en un temps record (faire Paris-Berlin en voiture faisant aujourd’hui à mes yeux office de promenade de santé).

A l’époque où nous nous étions rencontrés, le Little Boy m’avait raconté son premier voyage en Europe : dix jours, un pays par jour. Je l’avais dévisagé d’un air interdit. Comment ? Pourquoi ? Il y était retourné plus longuement par la suite. Mais cela m’avait choquée. Je ne voyais pas l’intérêt. Aujourd’hui, je ne vois toujours pas l’intérêt, mais je comprends un peu mieux ce qui les pousse à voyager de cette façon : une sorte d’urgence (les vacances sont courtes et même raccourcies par les vols et le décalage horaire). Et j’avoue (mais ne le dites surtout pas au Little Boy) qu’après avoir fait 32 heures de vol, j’ai bien envie de rentabiliser mon billet d’avion, moi aussi.

Addendum : Sur le billet Los Angeles – Melbourne, la durée du vol est de 15h46. ACHEVEZ-MOI immédiatement.

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