Déménager en Australie : histoire d’une décision

« Chérie, on va en Australie ? »

Ah, cette belle phrase, pleine de promesses ! Nous l’avons prononcée pour la première fois en août 2014. Juste après notre mariage en France. Je crois qu’on était au bord d’une piscine au fin fond de l’Ardèche, un cocktail à la main, les pieds dans l’eau. Pas besoin de vous faire un dessin, on était juste en mode love, pas vraiment conscients de ce que cela impliquait vraiment. C’était limite romantique.

Mon Australien savait que demander à sa moitié qui adore les langues germaniques et qui écrit une thèse en littérature européenne de se téléreporter au bout du monde, ça n’allait pas être facile. Je dois avouer que je n’envisageais pas la vie ailleurs qu’en Europe (même si n’importe quel pays européen aurait fait l’affaire !), et que si je ne l’avais pas rencontré, l’Australie n’aurait pas fait partie de ma liste de pays où poser mes valises sur du long terme. Parce que c’est juste trop loin de la famille, des amis, des ruelles de Stockholm, des plages belges et de la cheminée qu’on allume le soir de Noël.

Bref, ce n’est pas le genre de décision que l’on prend en deux minutes chrono. Et à y regarder de plus près, nous avons mis environ une année à se décider, puis deux années après notre mariage pour mener ce projet à bien. (Et on n’aurait certainement pas réussi si l’homme n’avait pas démontré des trésors de patience à l’égard de l’administration…)

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La Skyline de Melbourne depuis la plage de St Kilda.

De la Suisse à l’Australie, histoire d’un périple

A l’époque où nous avons commencé à aborder le sujet de où nous irions habiter tous les deux sur du long terme, nous vivions en Suisse allemande et franchement on ne s’amusait pas plus que ça. Ni l’un ni l’autre nous n’étions transcendés par nos boulots respectifs, et après avoir randonné à travers les Alpes une bonne centaine de fois au cours des dernières années, l’excitation des premiers temps avait pâli. Zurich avait l’avantage d’être situé sur un noeud aérien, et nous passions beaucoup de temps dans l’avion pour aller ailleurs, au final. Mais pas tellement « chez nous ».

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La Suisse est un pays routinier, qui présente plein de qualités sur le papier, mais on s’y ennuyait, et on ne se voyait pas rester ni fonder une famille là-bas pour des tas de raisons que je développerai certainement un jour dans un autre article. Donc en écho à ce qu’un certain président de la République française avait un jour dit, « La France tu l’aimes ou tu la quittes », nous avions décidé que si la Suisse ne nous convenait pas, eh bien il nous suffisait de franchir la frontière dans l’autre sens. Mais dans quelle direction ?  Le Little Boy in Boots en avait marre de la pluie, de la grisaille, de l’isolement (linguistique essentiellement). Il voulait du soleil, la plage, de la vegemite dans ses placards, des supermarchés ouverts le dimanche. Il voulait rentrer.

« Et pourquoi pas ? »

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L’argument ultime de la plage de sable blanc un après-midi d’été. Face au brouillard du mois de Juillet en Suisse, je n’ai pas tenu longtemps…

C’est vrai que je n’avais pas envisagé l’Australie jusqu’à présent, mais l’homme avait de bons arguments, il faut l’avouer. Pas vraiment de crise économique, un niveau de vie élevé, des possibilités professionnelles et personnelles bien plus réjouissantes que dans la vieille Europe. Au niveau linguistique, nous étions parés. Plus de problème de dialecte (non, l’Australian English n’est PAS un dialecte, c’est de l’anglais tout court…). Plus de risques d’isolement (on pourra revenir là-dessus aussi, car ce n’est pas si simple !). Et enfin, l’avantage majeur est que l’un d’entre nous sait ce qu’il fait et comment le faire : aller dans le pays de l’un, c’est se faciliter la vie. Pour des choses bêtes comme les impôts, la retraite, le système scolaire, l’achat d’une maison, la sécu… Au moins l’un d’entre nous comprend de quoi il s’agit ! Je ne compte pas le nombre de fois où, en Suisse, nous nous regardions comme des benêts, incapables de savoir ce qui convenait dans la situation.

« Le carton, on doit vraiment le ficeler, ou on peut le laisser dans la rue à l’arrache le jour J ? »

Note de la rédaction : à l’arrache ne fait pas partie du vocabulaire suisse.

Et du coup, cela nous mettait en position de dépendance, voire de faiblesse vis-à-vis des autres, qui parfois en profitaient allègrement pour entuber l’étranger pas toujours à l’aise avec le dialecte et les coutumes locales. De plus, la Suisse est un pays d’interdits de toutes sortes (interdit de faire pipi debout, interdit de prendre une douche après 22h, interdit d’avoir une machine à laver dans son appartement…), nous avions grandement besoin de respirer à nouveau. Et chaque douche que je prends à présent après 22h a un délicieux parfum de danger.

C’est parti ! … ou pas.

Voilà, notre décision était prise, on allait secouer nos puces ailleurs. Rien de plus simple, nous sommes mariés ! L’ambassade australienne de Berlin nous a cependant vite calmés : pour avoir le droit de poser un orteil sur le sol australien, je dois montrer patte blanche. Genre lavée à l’eau de javel. Et… « Cela prendra quatorze mois » On se regarde l’oeil vide. La même procédure prend quelques semaines en France… Bon, chaque pays a ses propres réglementations, qu’à cela ne tienne ! (Nous étions alors dans ce que l’on peut appeler l’enthousiasme naïf de celui qui part à l’aventure, avant de se rendre compte qu’en fait cela demande de trimer un peu.)

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On entame alors les procédures. Entre la lenteur de l’administration française (« Euh… On a mal orthographié le nom de votre mari sur l’acte de mariage, cela va prendre quatre mois pour corriger ! ») et la tonne de papiers exigée par l’administration australienne, il faut compter presque deux ans entre le moment où nous avons commencé à collecter les documents et le jour où notre avion a atterri à Melbourne. Je dois voir des médecins, nous remplissons des formulaires, demandons à des amis australiens d’attester de la véracité de notre relation… Ne passe pas la frontière australienne qui veut !

En parallèle, nous prenons la décision d’emmener le chat… un autre dédale administratif. La pauvre bête a vu un nombre de vétérinaires en un an de procédure ! Il est certainement le félin le plus propre de tout l’hémisphère sud. Tout a été vérifié chez lui, absolument tout ! (Même son sang.) Mais petit-à-petit il franchit les étapes (qui pourrait lui résister ?).

Enfin, un soir d’octobre 2015, nous recevons notre laissez-passer. Victoire ! Nous avons quatre mois pour plier bagage. Et quatre mois, c’est assez court, au final (notamment pour le chat). Le visa a une date d’expiration, et il n’est pas possible de passer la frontière après cette fameuse date. Stress, quand tu nous tiens…

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Cool Raoul dans les eucalyptus.

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