Le temps des cerises

(Que ceux qui d’emblée me détestent car ils ont la chanson de Montand en tête lèvent la main. Pour les autres, faites un petit tour par YouTube puis levez la main.^^)

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Le week-end dernier, le Little Boy in Boots et moi-même nous sommes lancés dans une tradition de Noël parfaitement australienne, qui est rendue possible par l’inversion des saisons dans l’hémisphère sud (pour l’article sur le sujet, voyez ici) : la cueillette des cerises juste avant les fêtes de fin d’année. Pour nous autres du grand nord, cela semble être de la pure science fiction, et pourtant, l’été arrivant à grands pas (hum hum), la (trop courte) saison des cerises vient tout juste de commencer ! Miam. Gourmands comme nous sommes, nous n’allions pas nous priver !

Au coeur des collines

Depuis quelques mois, nous habitons à deux pas de l’un des coeurs maraîchers du Victoria. A partir de Belgrave, il suffit de se lancer sur les routes, en direction de Monbulk et de la Yarra Valley, pour trouver de quoi se mettre sous la dent. Monbulk est à seulement 15 minutes de notre nouvelle maison et les origines de son nom dans la langue aborigène locale ne mentent pas : c’est un « lieu caché dans les collines », au creux de la forêt des Dandenong Ranges. Pour y accéder, la route serpente entre les eucalyptus gigantesques de la forêt, nos téléphones portables perdent tout réseau connu et soudain, alors que l’on est bercés par les petits virages qui nous entrainent dans un nouveau monde, notre horizon s’agrandit : Monbulk dévoile un petit coin de verdure, les conditions idéales pour tous ceux qui veulent voir grandir 900 pousses de salade : ni trop chaud ni trop froid, protégé des vents océaniques qui balaient la baie de Melbourne, et surtout un sol canon. Les couleurs qui s’animent sous nos yeux sont étonnantes de vivacité après l’ombre des arbres : l’ocre de la terre, partout, jusque sur la route, le vert tendre de l’herbe, le bleu du ciel qui perce la couche de nuages qui ne nous lâchent pas cette année. On se croirait un peu dans la campagne normande, si ce n’est pour les eucalyptus, la conduite à gauche et les panneaux « Attention aux wombats ».

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La terre est riche, dans les collines (d’ailleurs, d’après le ministère de l’agriculture du Victoria, « Ce sont probablement les meilleurs sols à Melbourne car ils sont profonds, friables et bien structurés »). Il ne faut pas oublier que les Dandenong Ranges sont de petits volcans endormis. Les premiers fermiers européens à y poser leurs valises, dans les années 1890, ne s’y sont pas trompés. Plus tard, des migrants en provenance des Pays-bas viendront les rejoindre, avec une armée de fleurs. Au-delà de la terre, c’est le climat, plus doux, qui les intéresse ici. Les serres s’alignent le long de la route, abritant au choix des fleurs (il y a ici le fameux festival de la Tulipe qui a lieu chaque année au mois de septembre), des plantes en tout genre et puis surtout des champs gigantesques de cerisiers tendrement enveloppés dans un ingénieux filet anti-oiseaux. Dans cet endroit un peu à part, l’agriculture intensive n’a pas sa place. La topographie y est certainement pour beaucoup.

Certains font pousser de la vigne, comme John Berry, à la Monbulk Winery : 2000 bouteilles par an, un Shiraz et un mousseux qui dépotent et surtout un accueil sans pareil, au fond de la shed du jardin. Nous sommes loin des « usines » à vin de la Yarra Valley ! Chez John, tout est fait maison. Il a même un petit vin au kiwi et à la fraise, qu’il compose tout spécialement pour sa femme. On en mangerait.

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Un business juteux

C’est une idée que je trouve vraiment chouette et que l’on trouve un peu partout en Australie : les fermiers et les vignerons ouvrent leurs portes aux touristes de passage pour leur proposer de goûter leurs produits. Mais pas comme Jean-Yves dans le Lubéron qui vous installe dans sa grange. (Même si j’adore l’approche de Jean-Yves !) Non non, l’Australien a mis en place tout un business, avec un esprit « boutique » (en anglais dans le texte) : les grands propriétaires organisent des visites guidées, il y a toujours un parking géant avec plein de SUV dedans, les bâtiments sont accessibles avec la poussette, il y a en général une aire de picnic et un café qui vous vend des fraises / cerises / olives à prix d’or. Bref, le citadin aime à se ressourcer et l’équipe marketing des offices de tourisme du Victoria le sait bien ! Par exemple, cette année, ils ont mis en place cette carte (fort bien faite d’ailleurs), pour aider le touriste en mal d’inspiration :

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Cliquez sur l’image pour accéder au pdf.

En bons petits soldats, nous sommes donc partis de chez nous en gardant le nez sur la carte, le coeur plein d’espoir : cela allait être une après-midi authentique, qui sent la paille et la vache. Sauf que quand nous sommes arrivés à Cherryhill Orchards, on était un peu déçus. D’abord parce que le panneau à l’entrée nous annonçait qu’on devait payer 10$ pour entrer dans le verger… Mais on peut les comprendre, les visiteurs s’en mettent certainement plein la panse et il faut bien que les propriétaires s’y retrouvent. Ensuite, un backpacker à l’accent vaguement british nous a vite fait déchanter :

« Salut les gars, il n’y a plus de cerises à ramasser, les clients de ce matin ont tout pris ! »

Note pour plus tard : la cueillette, ça se fait le MATIN et pas à 14h.

Une ferme spécialisée dans la cerise sans cerises, zut. Puisqu’on était là, on est quand même descendus de la voiture (la vue sur la Yarra Valley était trop chouette pour qu’on fasse l’impasse). Tout y était : le shop avec des cerises dans des cartons à 20$ le kilo (pour info, elles sont à 13$ en magasin), l’aire de picnic avec un cadre géant aux couleurs d’Instagram pour prendre un selfie avec le verger et les montagnes en arrière-plan, et le café qui vendait de la glace à la cerise. Chacun son truc, mais là pour le coup ce n’était pas exactement l’expérience que nous recherchions !

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Retour dans la voiture.

« Et si on suivait le panneau Cherries peint à la main qu’on a vu au carrefour précédent ? »

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En arrivant à Lanidale, ‘The Cherry Well’, on avait fait le bon choix : ils n’étaient pas sur la carte de l’office du tourisme, et comme chez John de Monbulk, leur propriété se résume à une grande shed où ils reçoivent leurs clients. Il n’était pas possible de ramasser des cerises non plus (« Les visiteurs de ce matin… »), mais leurs cerises étaient à un prix beaucoup plus raisonnable : 12$ pour les plus belles et… 4$ pour les « seconds ». D’après la propriétaire, celles-ci étaient plus mûres et donc se conserveraient moins longtemps.

« Ne vous en faites pas, elles ne feront pas long feu. »

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Nous avons ensuite continué notre petit périple dans les collines au rythme des panneaux faits main, qui finalement nous ont beaucoup plus rapporté que ceux des géants du tourisme fermier. Dans le désordre, nous avons trouvé des fraises succulentes à Fairview Hill pour 2,5$ la barquette, une chaise vintage laissée à l’abandon sur le bord de la route (promis, elle était à emporter, nous ne l’avons pas volée !) et surtout des citrons en direct d’un backyard pour quelques dollars seulement.

Comme quoi, en partant à l’aventure, en dehors des chemins tout tracés, on trouve toujours son bonheur !

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Carnet de (bonnes) adresses à Monbulk et aux alentours

Pour des fraises, des mûres et des myrtilles à tomber : Fairview Hill, 88 Monbulk-Seville Road à Wandin  East.

Pour des cerises goûteuses : Lanidale, 215-235 Beenak Road, à Wandin.

Pour le vin d’un petit producteur (20$ la bouteille, c’est cadeau ! Et si vous venez en hiver, le propriétaire offre un kilo de kiwi avec votre bouteille. On aurait tort de se priver.) : Monbulk Winery, 155 Macclesfield Road à Monbulk.

2 comments

  1. Sabine says:

    Trop bien !!! Super idée, on avait fait ça pour les pommes à l’automne dernier, mais c’est bien mieux (enfin bien meilleur) avec des cerises Yummy 😀
    Merci pour les adresses !

    • thelittlegirlinboots@gmail.com says:

      Héhé, entre gourmand(e)s, on se comprend ! 😉 Pour les pommes, je crois qu’on ira simplement au bout de notre backyard : on vient de découvrir un pommier recouvert de toutes petites pommes ! Si les opossums nous en laissent quelques unes, on devrait pouvoir faire de la compote.^^

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