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Le Visa Partenaire (Partner Visa)

A la demande générale (ok, juste une personne, mais je suis certaine qu’elle n’est pas seule !), je me lance dans un petit billet sur le visa partenaire, qui est le seul visa que je connaisse un peu, puisque c’est celui qui autorise ma vie ici ! (Et le seul pour lequel j’ai jamais postulé.)

N.B. : Cet article est un partage d’expérience. Je ne suis pas une experte en visa et ne peux conseiller qui que ce soit sur l’aspect administratif de la chose. Mon conseil : appelez l’ambassade d’Australie de votre pays et posez-leur directement vos questions. Ils sont très clairs et disponibles.

Quand, en juillet 2014, le Little Boy et moi nous sommes mariés, nous savions déjà que nous voulions vivre un jour en Australie. Après notre lune de miel en Ardèche (nous sommes des hippies qui s’assument), nous avions tout de suite commencé à regarder quelles étaient les conditions pour venir nous installer ici.

Ouch.

La liste des pièces à fournir, la longueur du dossier, les preuves que l’on est en couple, les témoignages d’amis australiens, les visites chez le médecin, j’en passe et des meilleurs : le visa partenaire n’est PAS un long fleuve tranquille.

La traversée du Styx

Les Australiens ne rigolent pas avec leurs frontières. (Si vous avez besoin d’être convaincus sur le sujet, je vous conseille chaleureusement le visionnage des vidéos réalisées dans le cadre de la campagne contre les boat people e 2014.)

Le dossier que nous avons dû remplir pour pouvoir venir ici n’a évidemment rien à voir avec la situation des réfugiés accostant sur les plages australiennes, mais il nous a surpris quant à sa longueur. Naïvement, je pensais que notre mariage serait reconnu et que tout ceci n’était qu’une formalité. Or, pour simplement postuler, nous avons rendu près de 60 pages de documents divers et variés, de témoignages et de récits de nos vies, le tout pour prouver que OUI, nous sommes vraiment en couple et NON je ne suis pas en train d’abuser la confiance du Little Boy pour obtenir un permis de séjour en Australie et profiter de leur système social. (Ce discours vous semble familier ?)

A côté de ce dossier, même l’administration française fait pâle figure. Quand nous avions déménagé en France avec le Little Boy, son visa de regroupement familial avait pris un mois et nous avait coûté 290 euros. Hum. Le visa partenaire nous a donc coûté quinze fois ce prix. Mais, soyons honnêtes, le déroulement de la procédure n’a rien eu à voir avec le fiasco des préfectures françaises (la dernière fois que je me suis rendue à celle de Lyon, j’ai attendu six heures à l’extérieur du bâtiment, pour m’entendre dire que j’étais arrivée trop tard en commençant la queue à 7 heures du matin. Je vous laisse apprécier.). Non, rien de tout cela en Australie : si vous remplissez le questionnaire (très) détaillé sur comment vous vous êtes rencontrés, où, avec qui et pourquoi (dans un bar à minuit, lui était sous l’influence de l’alcool, j’étais avec ma soeur, lui avec un copain norvégien pas bien frais non plus : c’est romantique ou pas ?), tout se passera bien. Racontez vos vacances à Pornic, votre demande en mariage sous la tour Eiffel, les Noëls en famille où votre mère essaie de mettre à bas votre Australien(ne) à grand coup de gâteau au chocolat (recette familiale avec 500g de beurre). C’est le genre de détail qui ne s’invente pas.


Conseil n°1 : Soyez aussi détaillés que possible. N’oubliez rien ! Quand ils demandent un acte de naissance original de moins de six mois avec apostille (Dans nos têtes : « WTF, c’est QUOI une apostille ?! »), ne fournissez pas une photocopie d’il y a trois ans. Votre beau dossier irait directement en-dessous de la pile.


Bon, on repassera pour le respect de la vie privée… Notamment avec la visite médicale qui s’assure que vous n’avez pas le sida et que vos poumons sont en état de marche. Alors que je me tenais seins nus devant la technicienne du labo, j’entendais : « Et s’ils trouvent un truc qui cloche, il se passe quoi ??! ». (Oui, j’entends des voix, pas vous ?)

Patience, ta mère 

Tout se déroulait merveilleusement bien (visiblement mon analyse de sang et d’urine était satisfaisante, ouf). Je dois saluer le talent d’organisation du Little Boy, qui a rassemblé les papiers méticuleusement et a demandé des témoignages à ses amis (et les a harcelé jusqu’à ce que mort s’en suive pour qu’ils remettent leur petite rédaction : « Oui, nous connaissons la Little Girl, elle est charmante, elle étudie la littérature en Europe et aime manger des choses bizarres comme de la saucisse séchée »).

Là où nous avons commencé à déchanter, c’est quand l’agent de l’immigration nous a donné les délais : « En ce moment, cela prend 14 mois. » 14 mois ? Non, mon chéri, tu as mal entendu le monsieur, ce n’est pas possible.

Si si, 14 mois. Comme diraient les Suisses, il n’y a pas le feu au lac. (Ils n’écoutent pas Deep Purple.) Le Little Boy était furax, il se sentait complètement bloqué. Eh oui, car ce visa l’empêchait de rentrer chez lui… Il a donc fallu se serrer les coudes pendant ces longs mois d’attente : nous nous étions déjà projetés dans notre projet et n’avions plus tellement le goût à construire nos vies en Europe, que ce soit professionnellement et personnellement. Et c’est un aspect qui n’est pas à négliger !


Conseil n°2 : Ne pensez pas tout plaquer et débarquer en terre australe. Vus les délais d’obtention du visa, il vaut mieux avoir des projets concrets pour les mois qui suivent votre dépôt de dossier… Et ce n’est pas facile de se projeter quand on sait que l’on veut partir ! Nous avions alors organisé quelques voyages et surtout étions rentrés en France après plusieurs années en Suisse. Le retour aux sources nous avait fait un bien fou avant le grand saut !


N.B. : Les délais d’obtention du visa partenaire quand on postule directement depuis l’Australie sont encore plus long ! Un ami italien en couple avec une Australienne a attendu 15 mois pour le sien. Les autorités lui avaient octroyé un bridging visa pour prolonger son Working Holiday Visa. Il avait au moins l’avantage d’être dans le pays où il voulait vivre, mais les incertitudes et les restrictions du WHV (notamment pour sa carrière) n’étaient pas faciles à vivre.


Le sésame

Un soir d’octobre, cependant, le fameux laissez-passer est arrivé dans ma boîte mail. Avec quelques mois d’avance, nous pouvions à présent monter dans l’avion ! (Champagne.) En lisant bien le tout, nous découvrions alors que je disposais de quatre mois pour entrer sur le territoire (et pas un jour de plus). Si je ne m’exécutais pas, le visa était perdu et nous pouvions tout recommencer. La somme versée à l’Etat australien étant, bien entendu, non remboursable. C’est sans plus attendre que nous avons donc entrepris de vider notre appartement, remplir les dernières formalités pour le chat, et résilier nos contrats en France. (Et ça n’a pas été de la tarte.)

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