L’Hiver à Melbourne

Ma belle-soeur : « Tu verras, en hiver il fait super froid à Melbourne ! »

Moi, dubitative : « Oui oui, on verra… »

Vous ne le savez peut-être pas, mais le premier juin, en Australie, on passe de l’automne à l’hiver. Eh oui, Melbourne a beau être située au sud du sud, puisqu’on est de l’autre côté de la planète, c’est l’équivalent du nord de l’Europe. Du coup, nous sommes dans une zone tempérée, avec quatre saisons. J’ai hésité à mettre l’adjectif vrai devant saison, vous verrez pourquoi :

A Melbourne, en plein hiver, la température moyenne maximum est de 13 degrés, et de 6 degrés minimum.

Ça va, je pense qu’on va s’en remettre. Après des années passées à creuser à la pelle autour de ma voiture pour la sortir d’un mètre de neige glacée le matin, je pense que je peux gérer 13 degrés pendant trois mois.

Voilà la météo prévue pour cette première semaine hivernale :

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Hibernations diverses

Enfin… s’en remettre… ça dépend qui. Les locaux ont bien du mal à se dire que non, ils ne vont pas bénéficier de températures tropicales toute l’année, et malgré un été (ou plutôt des températures estivales) qui dure près de six mois, les mois de mai et de juin sont rythmés par un large éventail de plaintes en tout genre :

Une connaissance : « Brrr, il fait vraiment froid ce matin ! »

Moi, me précipitant sur un thermomètre : « Ah, il fait 17 degrés. »

[Comme quoi se plaindre de la météo c’est universel, même quand elle est bonne.]

C’est assez marrant, au final, car depuis que les températures sont « tombées » en dessous de 25 degrés en journée (c’est-à-dire il y a environ deux semaines), on observe tout un tas de pratiques hivernales plus ou moins douteuses. Il n’est donc pas rare, par 17 degrés, de voir un voisin passer avec un bonnet en laine alors que vous avez tout juste sorti la veste de printemps. En même temps, je commence à comprendre que si tu ne sors pas le bonnet maintenant, tu ne le sors jamais.

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Les conversations tournent essentiellement autour de la météo et du blizzard menaçant :

Une commerçante dans mon bled : « Mais qu’est-ce qu’il fait froid ! Vivement l’été ! »

Moi : « Je viens d’Europe… Donc je n’ai pas froid. »

Ou plutôt : donc je m’habille de façon appropriée en fonction de la météo. Pas de bonnet, certes, mais un pull si besoin. Cela me rappelle mon homme courant en short dans la neige à Zurich, n’ayant aucune idée de ce qu’il convenait de porter par ce temps. (Premiers cadeaux d’anniversaire : un pull, un bonnet et des gants.)

Revenons à nos moutons : cette idée que la météo DOIT être bonne, qu’il DOIT faire 25 degrés, c’est ce que j’appelle le mythe de la météo australienne. Et les habitants de Melbourne ont beau savoir qu’ils habitent en zone tempérée, s’il pleut, s’il fait froid frais, c’est un drame national. Un peu comme nous quand on passe en mode canicule à 30 degrés (je pense que ça les ferait doucement rigoler).

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Avis à la population ! Il va faire “presque” froid. Vous êtes prêts ?

Courage, fuyons !

Une connaissance, l’air soulagé : « Vivement les vacances, je pars à Brisbane dans trois jours ! J’ai besoin de soleil. »

[Une petite pensée pour nos amis suédois, norvégiens, canadiens, russes… qui manquent vraiment de soleil pendant les huit mois de leur hiver.]

Depuis deux semaines, mon fil d’actualités Facebook s’est transformé en une litanie assez curieuse évoquant les chocolats chauds pris devant la cheminée, mais aussi des publicités diverses pour une fuite migratoire vers le nord, là où le soleil brille toute l’année. Ah, Queensland, quelle belle promesse !

Vite, du porridge et un feu de cheminée, parce que “nous avons déjà atteint ce moment” où il fait teeeeeellllllement froid.

Personne ici ne semble penser que les températures basses puissent être quelque chose de sympa au quotidien. Perso, j’aime bien les matins frisquets, la buée qui vous sort de la bouche, les balades en forêt quand ça craque sous les pieds. Bon, je vous rassure, on en est pas là. A 17 degrés en journée, ça a beau descendre à 3 la nuit, je ne pense pas que l’on risque de glisser sur une plaque de verglas.

Mon homme, joueur : « Aujourd’hui le voyant « Ice » de ma voiture était allumé ! »

Moi : « Fais bien attention aux ours polaires qui traversent alors. »

N.B. : si on compare avec l’Europe, le mois de juin correspond au mois de décembre. Encore une fois, c’est le meilleur hiver de ma vie, je n’ai jamais eu aussi chaud.

Cela dit, on m’a promis des matins glacés (nous habitons dans des petits monts), je veux voir ça ! Mais à part une alternance de trombes d’eau (sans exagération) et de soleil (80% du temps), rien à l’horizon. Il est certainement temps pour nous d’effectuer notre migration vers des sommets enneigés.

On va skier ?

Après tout les pistes de ski ne sont qu’à quatre heures du CBD ! J’ai lu aussi que les Alpes australiennes reçoivent plus de neige que les Alpes européennes. Dans ma petite tête de Française ayant vécu en Suisse, ça ressemble vraiment à l’appel de la spatule, de la raclette et des soirées après-ski.

Mais dans mon entourage, point du tout. La réponse se tient dans un bel avion qui vous entraînera sur la plage. Marrant, ils passent leur temps à lézarder sur le sable chaud, j’aurais pensé qu’une autre activité aurait pu leur convenir aussi. Eh bah non. Le ski, très peu pour eux ! Si certains savent surfer (et encore, pas tous ! Cliché, quand tu nous tiens.), peu de gens savent skier. La raison, on vous la répète sur tous les tons : le ski, ici, c’est cher, et c’est loin. Mon esprit de contradiction a envie de dire que le ski c’est cher partout dans le monde et pour la plupart des citadins c’est loin. En moyenne 6 à 7 heures de route pour les Parisiens motivés qui vont casser leur tirelire à Chamonix. Mais encore une fois, on se heurte là non pas à un argument raisonnable, mais à une conception culturelle : l’hiver, très peu pour eux. Ou alors seulement quand ils vont en Europe ou en Amérique.

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PS : Promis, j’écrirai un article sur « Survivre par 42 degrés à l’ombre », parce que si je supporte très bien le froid, la chaleur c’est autre chose ! A charge de revanche ! 😉

PS 2 : N’ayez crainte, les photos de cet article ont été prises en Suisse, pas en Australie.

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