Maïa Ponsonnet et Pierre Grundmann, Australie, Histoire, société, culture

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Quand j’ai rencontré le Little Boy in Boots, je ne connaissais pas grand chose à l’Australie. A part quelques clichés (le surf, la plage, les requins et le soleil couchant sur un désert de terre rouge), je n’avais pas vraiment d’idées sur la société australienne, sa politique, ses goûts, sa cuisine, sa culture. C’était un peu le néant. Ce livre m’a bien aidée à débroussailler un peu tout cela, et à sortir des idées préconçues avant de me faire ma propre opinion. C’est un ouvrage que je conseille à tous ceux qui voudraient en savoir plus sans se lancer dans des milliers de pages (223 pages, ça reste raisonnable). Bref, c’est le livre idéal à parcourir avant de partir :

Il faut se méfier des clichés : le surfeur bronzé et le bush man façon Crocodile Dundee ne résument pas une population. (p. 164)

Ouf, on va pouvoir aller plus loin !

Pour aller au-delà, les auteurs nous proposent d’analyser les petits riens qui semblent essentiels aux nouveaux arrivants, qui tentent de percer les mystères de la fameuse désinvolture australienne, qui semble à toute épreuve… « Puisqu’il n’est plus possible de croire en quoi que ce soit, autant profiter des petits plaisirs de l’existence » (p. 164). Habitée par les Européens depuis seulement deux siècles, la terre australe a encore beaucoup à livrer. Sa rudesse a forgé les caractères alors que les nouveaux colons entreprenaient de « civiliser ce monde » (p. 200) :

« En Australie, il y a un ont Disapointment, une Bitter Creek, un Thirsty Lake » (p. 200)

Sans concession, Ponsonnet et Grundmann évoquent des traits marquants de la mentalité australienne. Leur rapport au temps libre, aux loisirs : leur goût pour l’alcool (50% de la population consomme, ce qui est un nombre particulièrement élevé, p. 205), les paris et le casino, le sport, élevé au rang d’élément culturel. Un bon résumé :

« on parie volontiers sur les matches, en buvant de la bière dans les gradins ! » (p. 206)

C’est une sorte de package, en somme. Le combo ultime : sport et alcool. What else ? dirait George. La description de la banlieue australienne est elle aussi à savourer tant elle est juste :

Ces banlieues jardins pavillonnaires s’étendent à l’infini: elles mesurent cent kilomètres du nord au sud à Sydney, autant, d’est en ouest, à Melbourne. Urbanistes et promoteurs ont utilisé l’espace pour offrir à chaque famille le rêve australien : une maison individuelle sur un terrain de dix ares. De quoi bâtir un pavillon de plein-pied, souvent appelé « bungalow », doté d’un minimum quatre pièces et deux jardins – côté rue, le front yard et, derrière la maison, le backyard – et y installer trois éléments indispensables : la piscine, le barbecue et le séchoir parasol. Les couleurs typiques de l’Australie suburbaine dominent : le rouge des briques et des tuiles, le gris vert des gommiers, le vert plus sombre des pelouses impeccables, sans cesse humidifiées, le brun de la terre qui affleure pendant les sécheresses. C’est le rêve australien : une maison pour chacun, un jardin, un garage et trois voitures (pour parents et enfants). (p. 168)

Avec beaucoup de simplicité, les deux auteurs traversent les grands thèmes de la littérature scientifique sur l’Australie : sa géographie, son climat, son histoire. On en apprend un peu davantage sur la politique, les relations des « nouveaux » habitants avec les Aborigènes (il y a tant à dire), le rapport à la culture. Ce livre est un vrai nid d’informations pour saisir les enjeux de ce qui se passe autour de soi.


Maïa Ponsonnet et Pierre Grundmann, Australie, Histoire, société, culture, Paris, La Découverte / Poche, 2011.

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