Vivre loin de chez soi : premier bilan

Cela fait maintenant six mois que j’ai posé mes boots sur le sol australien. Six mois, c’est peu et c’est beaucoup à la fois. A l’échelle d’une vie, cela ne représente pas grand-chose, et pourtant j’ai l’impression d’avoir traversé un temps infiniment long. L’expatriation a cet effet surprenant, elle ralentit et accélère la perception du temps. Totalement dépaysé par sa nouvelle vie, loin des siens, loin de ses habitudes et de sa culture, l’expatrié (en fait je n’aime pas tellement ce mot, je me considère plutôt comme une migrante) accumule des expériences qui se bousculent dans sa tête. Cela avait déjà été le cas en 2010 quand j’avais passé la frontière suisse et j’avais pu observer le même phénomène pour le Little Boy in Boots quand nous nous sommes installés quelques mois à Lyon en 2015. La perte de repères a cet effet surprenant : comme égarés dans un labyrinthe dont on ne connaît pas les plans, il devient difficile de s’orienter.

La semaine dernière, j’ai pu découvrir un nouveau blog qui parle d’Australie (à ajouter à la liste que vous trouverez ici !) : Aventures d’ici et d’ailleurs, qui évoque le départ à l’étranger, en interrogeant la délicate nuance qui dissocie la chance et le choix. Chance de partir ou choix délibéré ? Un très bel article, que je vous invite de tout coeur à consulter !

Le sous-titre choisi par la rédactrice m’a tout de suite interpellée : “Choisir c’est aussi renoncer”, citation de Gide qui pourrait presque nous rappeler de lointains souvenirs de dissertation. Choisir, terme connoté positivement, renoncer négativement. Dans les deux cas, il y a un mouvement volontaire de la part de celui qui renonce ou qui choisit, d’exclure un élément, une personne, un lieu de son existence, pour lui préférer un autre. Cette citation est au coeur du ressenti ambivalent de celui qui quitte son pays pour en élire un nouveau : à la fois nous avançons le coeur léger vers de nouveaux horizons, qui peuvent apparaître plus adaptés à la personne que nous sommes à l’instant T, mais nous devons aussi nous soustraire à ces espaces qui nous caractérisaient pendant des années, où nous avons grandis et où nous nous sommes construits. Il n’y a pas, à mon sens, d’échappatoire à ce sentiment paradoxal, quand on décide de quitter son pays natal.

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Les renoncements

Ce qui m’a frappée en m’installant en Australie, c’est la quantité de renoncements que cela implique. Cela n’avait pas été aussi fort en arrivant en Suisse. La proximité avec la France (80 km seulement) rendait les choses certainement plus aisées : je pouvais facilement rentrer au bercail, sauter dans un train / un avion / ma voiture et avaler les 650 km qui me séparaient de ma famille. Dans mon travail, nous parlions essentiellement français, un peu allemand. Cela m’évoquait l’année d’Erasmus que j’avais passée en Allemagne, en 2006. A mes yeux, c’était une immigration beaucoup plus simple que celle que je vis aujourd’hui, dans le sens qu’elle ne me demandait pas de (trop) lourds sacrifices. L’Australie, en revanche, exige bien plus de celui qui s’engage à y vivre. Et ces six premiers mois font office de sas de décompression.

1. La distance

Le renoncement qui me pèse le plus est bien celui-ci : la distance, immense, qui rend absolument impossible une visite inopinée. Impossible d’aller errer dans les rues de Paris un samedi de printemps, juste pour le plaisir ; impossible de m’installer quelques jours au coin du feu dans la maison normande de mes parents. Cette distance est d’autant plus importante quand on en perçoit les trois dimensions : la distance en terme de kilomètres (17 000 tout de même) et de temps (23 heures d’avion), la distance en terme d’horaire (le décalage est actuellement de 8 heures et passera bientôt à 10 heures) et en terme financier (le billet d’avion est rarement en-dessous des 1000 euros, ce qui rend le retour compliqué mais aussi les visites de proches.). Trois obstacles qui se dressent face à vous et qu’il est impossible d’ignorer. Certes, vous en êtes bien conscient quand vous organisez votre départ, mais entre le prévoir et le vivre, la marge est tout de même importante.

Je ne retournerai pas en France avant juillet 2017. Ça me paraît très long, car je suis arrivée en février 2016. Un an et demi d’attente pour revoir mes proches, famille et amis, les serrer dans mes bras et simplement partager un bon café tous ensemble. Mais il y a aussi la distance du quotidien. On me dit souvent :

“Ah, mais attends, avec internet pas de problèmes, on est hyper connectés, c’est pareil !”

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C’est pareil… ou pas. Je m’explique : avec le décalage horaire, un Européen vivant en Europe qui attend des nouvelles de son ami vivant en Australie les reçoit tous les matins, au lever. Pour la faire courte, il peut, tout au long de sa journée, ou presque, appeler son ami, envoyer des messages et recevoir des réponses quasiment instantanément. Passées 14 heures, certes, son Australien ira se coucher, mais globalement le contact n’est pas (ou si peu) interrompu. Pour l’Australien, en revanche, le sentiment d’isolement est beaucoup plus fort : il a certes reçu des messages dans la nuit et peut y répondre, mais n’aura aucune réponse avant 15 heures. Impossible d’appeler qui que ce soit pendant la semaine car tout le monde est au travail jusqu’à ce qu’il aille se coucher, il faut donc attendre le samedi, ou mieux le dimanche, pour enfin appeler ses proches. Je dis le dimanche car évidemment vous ne pouvez les appeler qu’aux alentours de 18 heures, heure de Melbourne, et le samedi soir vous êtes certainement occupé… Vous me suivez toujours ? Bref, les dimanches, à 18 heures pétantes, vous me trouverez certainement devant mon ordinateur avec un ami ou ma mère, car c’est le seul moment de la semaine qui arrange tout le monde.

Vous disiez qu’on était hyper connectés, c’est bien ça ?

2. Le voyage

Vous allez me dire “Quoi, le voyage ? Mais tu es en voyage !” Mais non, je ne suis pas en voyage : j’habite à Melbourne et ne suis pas sur la route tous les quatre matins. Or, avec le Little Boy in Boots, quand nous habitions en Europe, que ce soit en Suisse ou en France, on était les champions de l’escapade, du week-end improvisé à Stockholm, Vienne ou Lecce, les princes du vol de moins de deux heures qui nous emmenaient à l’autre bout de l’Europe.

Bon, ça, c’était avant.

Depuis quelques mois, je réalise que l’Australie, au-delà du fait d’être un pays aussi grand que l’Europe, est un endroit où le voyage n’est pas si évident que ça. Ce que je prenais pour un acquis (au fond, je n’y avais pas vraiment réfléchi) est un privilège. Car maintenant que nous sommes ici, le moindre voyage à l’étranger coûte cher : en temps (le pays le plus proche est la Nouvelle-Zélande, à quatre heures de Melbourne, ensuite nous avons Bali à six heures d’avion) et en argent, évidemment. Je vous en parlerai plus longuement dans très peu de temps, car nous partons à l’étranger dans quelques semaines !

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Le célèbre van des Backpackers, un moyen économique de voyager en Australie… si vous ne travaillez pas.

Le voyage “domestique” n’est pas évident non plus… Avec de telles distances, vous ne pouvez vous envoler pour Perth ou Brisbane pour le week-end. Et moi qui adorerais visiter davantage mon nouveau pays, je réalise que les voyages pour les quatre coins de l’Australie doivent être minutieusement planifiés ! Il faut avoir suffisamment de vacances (or il n’y a que quatre semaines de congés payés ici !) et un peu d’argent aussi. Car encore une fois, les distances exigent l’usage de l’avion et les prix ne sont pas toujours bas. Donc pour le moment nous nous restreignons à la visite du Victoria, parce que nous n’avons pas le temps ni le budget pour entamer un tour d’Australie ! C’est une question d’habitude, que je vais prendre progressivement en me faisant à ce nouveau mode de vie.

3. La langue

Autre renoncement, parler ma langue ou d’autres langues que l’anglais. C’est pour moi un immense renoncement de vivre dans un pays anglophone qui ne laisse pas beaucoup de place aux autres langues. Ici tout le monde parle anglais et tout le monde exige de vous que vous parliez un anglais nickel, comme si le fait que l’on puisse ne pas être de langue maternelle ne les avait même pas effleurés. Certes, l’Australie est un pays multiculturel, mais comme dirait le Little Boy :

“On est multiculturel pour la nourriture, essentiellement. On est contents d’aller au traiteur chinois le vendredi soir, de manger italien le samedi et grec le dimanche. Mais honnêtement, on attend de toutes ces communautés qu’elles parlent anglais et qu’elles s’intègrent dans le mode de vie occidental, anglo-saxon. C’est un multiculturalisme de façade.”

(Il m’a littéralement lancé ça entre la poire et le fromage samedi dernier. J’ai fini d’avaler ma purée en silence, me disant qu’il avait une sacrée prise de distance critique vis-à-vis de la société dans laquelle il était né. Chapeau !)

Tout cela pour dire que parler différentes langues, ce qui a tout de même été LA trame des douze dernières années me concernant (j’ai fait des études de littérature comparée), n’est pas un avantage ici. Ou pas vraiment. Les gens sont impressionnés, mais ne se rendent pas bien compte de ce que cela peut représenter. L’apprentissage d’une langue étrangère est vu comme un hobby, un passe-temps de rat de bibliothèque. Après tout, pourquoi faire ? L’anglais suffit largement ! C’est ce qui compte le plus évidemment, sauf si vous voulez enseigner une autre langue (on y reviendra). Bref, le plurilinguisme, qui était vu comme un avantage à Paris, est totalement ignoré en terre australe. Or c’est tout un pan de ma vie qui se retrouve, en quelque sorte, balayé. Là où, en Europe, on pouvait m’embaucher parce que je parle allemand ou suédois, à Melbourne cette partie de mon CV est survolée. Un avantage qui disparaît en quelques secondes. C’est un gigantesque renoncement.

Il peut aussi se passer plus d’une semaine sans que je ne parle (physiquement, j’entends) français avec quelqu’un. Je n’ai pas d’amis français à Melbourne, donc cela réduit drastiquement les occasions de parler ma langue maternelle. Je l’écris encore, par email, sur Whatsup ou encore sur ce blog, mais ce n’est pas la même chose que d’avoir une conversation de vive voix. Résultat des courses, mon niveau d’anglais est certes boosté, mais je sens que mon français s’étiole légèrement. Je cherche un peu mes mots, voire ne les trouve pas si je raconte une situation qui ne s’est déroulée qu’en anglais. Quant à l’allemand ou au suédois, je n’en ai pas dit un mot depuis mon arrivée. Et cela me manque, ces échanges de l’un à l’autre… Vraiment beaucoup. J’aime les discussions riches en débat, avec des interlocuteurs qui viennent d’un peu partout. J’adore quand quelqu’un fait une phrase en allemand puis soudain introduit un mot d’italien parce que “je ne connais pas le mot en allemand, mais tu m’as compris, non ?” J’aime aussi quand un ami russe explique son point de vue par rapport à un événement récent et nous décode un peu le point de vue de son pays. C’est une ouverture d’esprit immense, qui fait un bien fou. Bref, pour maintenir mon niveau de langues, je traîne un peu sur le site d’Arte, lis les nouvelles du DN suédois… Une sorte de bricolage. Mais mon allemand et mon suédois deviennent peu à peu des langues mortes…

4. La culture

Bon, le terrain est glissant, car dire qu’il n’y a pas de culture en terre australe, c’est mentir. Il y a de nombreux musées à Melbourne, des bibliothèques incroyables, la possibilité d’aller au théâtre, à l’opéra et tout ce qui pourrait vous faire plaisir. La culture est là, pas trop loin, mais elle se manifeste de façon très différente dans le quotidien. Notamment parce qu’elle est beaucoup plus chère qu’en France (on oublie tout de suite les billets de l’Odéon à 5 euros la place, vendus quelques heures avant la représentation) et elle ne se trouve pas partout. Si vous habitez à proximité du CBD, pas de problème, vous trouverez votre bonheur. Mais dans les banlieues, les choses se gâtent. Il y a par exemple peu de cinémas d’art et d’essai, à part dans les quartiers bobo comme Fitzroy ou Richmond. Certes, il y a des bibliothèques gratuites disséminées un peu partout, mais pour être franche leur fond me semble un peu pauvre. Beaucoup de best-sellers américains, quelques livres d’histoire… Mais pas des rayons où vous pouvez vous perdre pendant des heures au point de ne pas savoir quoi emprunter. J’adore les bibliothèques en France, on y trouve toujours une perle : un livre de sociologie, d’histoire de la Rome antique, un roman pour l’été… Il y en a pour tous les goûts ! Et puis de la littérature étrangère, traduite en français, certes, mais accessible. Ici les choix sont un peu plus limités.

Le sport occupe le devant de la scène dans la culture australienne (pour un article sur le sujet, allez donc voir de ce côté !), ce qui ne fait pas tellement partie de mon rayon ! Un détail qui m’amuse : autant en France, tu trouveras chez la plupart des gens une bibliothèque avec des livres, ici pas du tout. On va vous parler des résultats du footy, ou des Jeux Olympiques, mais pas du dernier roman acheté chez le libraire. (Je sais, je fais une fixette sur les livres…) Bon, ne généralisons pas, cela dépend des gens, bien entendu. Mais globalement, c’est un sujet beaucoup moins présent. Et cela me manque !

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Les Choix

Ou plutôt devrais-je dire les choses qui me confortent dans mon choix d’habiter en Australie. Car oui, la liste des renoncements est un peu longue, mais il y a aussi une liste de bons côtés ! Ouf. On n’a pas fait 17 000 km pour rien.

1. La qualité de vie

Vous le savez certainement, Melbourne a été élue ville la plus agréable du monde dans un classement récent (pour une petite piqûre de rappel, regardez donc cet article du Guide des Backpackers), et c’est vrai que l’on se sent bien ici. Il y a du travail, on se sent en sécurité (d’ailleurs, il paraît que l’Australie est LE pays où les femmes sont le plus en sécurité, à lire sur le site de Courrier International), et globalement le niveau de vie est bon. Les salaires permettent à la plupart des Australiens de vivre confortablement avec leur famille, la plage est à proximité et nous nous trouvons en dehors des zones de conflit. Et c’est juste énorme. Nous qui nous étions habitués à voir patrouiller l’armée dans Lyon l’an dernier, ne plus voir de militaires arpenter les rues, cela permet de voir les choses du bon côté (même si le risque zéro n’existe pas). Nous vivons dans un environnement sécurisant.

Notre petit nid, entre ville et campagne, correspond tout à fait à notre personnalité. J’ai grandi entre deux espaces, un pied dans la boue, l’autre sur les trottoirs de région parisienne, et j’avais très envie de m’installer quelque part dans un creux de verdure et à proximité d’une grande ville.

Pari tenu !

Les Dandenongs, cette région située à l’est de la ville de Melbourne, est l’endroit rêvé pour ça ! Nous nous réveillons tous les matins au son du coq et nous endormons le soir avec la mélodie des grenouilles (non, je n’enjolive pas). Nous avons la chance de pouvoir aller à la gare à pied, les commerces de la grand-rue et ses cafés sont accessibles eux aussi, ainsi que la bibliothèque. En moins de quinze minutes nous pouvons retourner à la civilisation (c’est-à-dire ces larges zones commerciales dont les Australiens ont le secret), les hôpitaux et les écoles sont à proximité. Et puis surtout il y a ici un vrai esprit de village : les gens sont chaleureux, vous parlent, et pas juste pour vous vendre un produit dont vous n’avez pas besoin. Enfin, c’est un petit paradis pour les amoureux de la nature : à quelques centaines de mètres de chez nous, nous avons une réserve qui protège des ornithorynques, tandis qu’en bas de la rue c’est un sanctuaire pour les oiseaux qui a été mis en place par la municipalité. Qui dit mieux ? En moins d’une heure, nous pouvons aussi nous échapper : la plage est à environ 40 minutes, tandis que la ville, avec son offre culturelle, nous tend les bras. Bref, comme dirait le Little Boy :

“On a la chance de profiter du meilleur des deux mondes !”

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On ne dirait pas, mais sur cette photo je me trouve à dix minutes à pied de chez moi. Et c’est plutôt dépaysant !

2. Les saveurs

On trouve de tout à Melbourne. Et quand je dis de tout, c’est vraiment de tout. Alors autant la gastronomie purement australienne ne vous vend pas du rêve (si tant est que cela existe !), autant les Australiens savent s’inspirer des saveurs du monde entier pour nous faire voyager. Ils appellent ça la cuisine “Australian fusion”. Fusion avec un autre pays, le plus souvent. Ce sujet mériterait un article en soi (promis, je m’y mets rapidement !), mais autant vous dire que lorsque l’on est gourmand comme nous, c’est le bonheur ! Certes, la gastronomie est importante en France (indéniablement), mais on se retrouve toujours à manger un peu la même chose (steak-frites, crêpes, etc.). La France a une gastronomie de tradition, souvent revisitée, mais on aime à retrouver les bons produits du terroir dans nos assiettes. Cela crée une certaine habitude, il ne faut pas se mentir. Ici, que nenni ! Les saveurs d’Asie, d’Amérique et d’Europe se mélangent joyeusement, pour le plus grand bonheur des foodies, cette secte typique de Melbourne qui erre les week-ends à la recherche DU restaurant à ne pas manquer. Les mêmes individus vouent un culte aveugle pour le café, en préférence bio en provenance d’un pays d’Amérique du Sud, avec un nuage de lait de soja et de sauce au caramel. Bizarre ?!

Bémol : maintenant j’aime le café.

3. La langue

Et là vous vous dites : “Mais il faut savoir ce que tu veux !”

Je vous l’ai expliqué plus haut, les langues, c’est un aspect important de ma vie et le fait de pouvoir approfondir ma connaissance de l’anglais me fait vraiment plaisir. Il y a quelques mois, la lecture d’un roman du dix-neuvième siècle était un peu hésitante, aujourd’hui je viens de terminer Jude l’Obscur de Thomas Hardy les doigts dans le nez ! C’est une véritable victoire sur une langue qui n’était pas la mienne il y a de cela quelques années seulement. Mal à l’aise à l’oral, je la bafouillais avec une honte non dissimulée alors que je résidais à Zurich, entourée d’amis et de connaissances qui travaillaient en anglais chaque jour et qui maîtrisaient le globish. A l’époque, j’adorais l’allemand, que j’avais choisi en première langue en sixième et que j’avais conservé à l’université. L’anglais, je l’avais laissé de côté depuis ma première année de prépa.

Avec le temps, mon anglais s’était bien sûr enrichi grâce au Little Boy et à quelques cours de grammaire à l’université quand nous nous sommes rencontrés, mais depuis que nous sommes arrivés à Melbourne les progrès sont beaucoup plus importants. Et c’est bien sûr le cas parce que je n’ai pas le choix ! Comme quoi le monolinguisme a du bon. L’avantage, c’est que l’immersion est complète : compréhension orale, écrite, mais aussi rédaction. Je galère encore en termes de prononciation. Mon accent français laisse des traces et j’adorerais m’en débarrasser (ça éviterait aux gens d’écrire mon nom de famille avec un w…). Mais mon vocabulaire augmente et pas seulement concernant le quotidien. Les différents niveaux de langue s’enrichissent petit-à-petit. C’est un petit miracle qui progresse avec le temps, une chance car j’ai toujours rêvé d’être “vraiment” bilingue un jour !

4. La météo

Je sais, c’est hyper cliché d’écrire ça. Mais c’est vrai ! On vient de traverser l’hiver austral et franchement c’est le pied. Melbourne est censée être la grande ville la plus froide d’Australie (la Tasmanie étant l’état le plus froid), au point que sur les réseaux sociaux j’ai lu à plusieurs reprises :

“Non surtout ne viens pas à Melbourne en hiver, on gèle !”

Je pense qu’il faudrait revoir la définition du mot geler et l’emploi de l’hyperbole, parce que tout de même, il ne faut pas exagérer. (Allez donc voir l’article sur “L’Hiver à Melbourne“, il vous donnera une idée du drame national que l’on vit actuellement.) Je la fais courte, mais encore ce matin je me réveille sous un ciel bleu. Alors certes il fait encore un peu frais (quoique… On a tout de même eu droit à 20°C la semaine dernière !), mais globalement la météo est d’enfer. Quand il pleut, il tombe des cordes, mais comme ce n’est pas en continu : Alléluia ! C’est le meilleur hiver de ma vie : je n’ai pas mis de bonnet ni de gants, je porte des jupes un jour sur deux sans souci aucun.

Bémol : on caille dans les maisons australiennes, à l’isolation douteuse, voire absente.

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Youpi ! Le printemps est déjà là !


Rendez-vous dans six mois pour fêter notre première année en Australie !

Je suis vraiment curieuse de voir si les renoncements et les choix sont toujours aussi importants dans le quotidien, si mon ressenti va changer, s’atténuer ou encore se renforcer. Mais laissons un peu de temps s’écouler avant de refaire un bilan !


Si toi aussi tu vis en Australie et voudrais partager ton expérience, n’hésite pas à m’écrire ! Laisse un commentaire, sur le blog ou sur Facebook. J’adore lire vos anecdotes !

8 comments

  1. Kenza says:

    Je suis tellement tellement d’accord avec tes points négatifs ! et positifs aussi. Le café mérite une place parmi les saveurs. Dommage que je sois partie, je suis sûre qu’on aurait pu être copines 🙂
    Si tu te sens un peu seule, il y a des tas de Français/es qui ne sont pas en PVT donc avec plus de recul et de maturité que les backpackers… (pour les trouver, direction FB)

    • thelittlegirlinboots@gmail.com says:

      Merci pour ton message et la lecture de ce post ! Je pense en effet qu’on aurait pu être copines, la lecture de ton blog m’avait donné ce sentiment ! Nous sommes sur la même longueur d’ondes. 🙂 Les points négatifs vont, je suppose, s’atténuer à mesure que Melbourne deviendra ma maison et que je ne regarderai pas en arrière, vers l’Europe. Et se faire des amis participe de cette acclimatation ! Je trouve encore qu’il y a un sacré fossé entre les Backpackers, les VIE qui ne restent pas longtemps sur place et ensuite les familles avec enfants. Comme je n’appartiens pour le moment à aucune de ces catégories, cela renforce un peu l’isolement. Mais encore une fois, quand je serai mieux intégrée, au niveau du travail notamment, ça ira beaucoup mieux ! Au plaisir de te lire, sur ton blog ou ailleurs. 🙂

  2. Sabine says:

    Coucou merci pour ce gentil commentaire et bravo pour ce chouette bilan 🙂 Je te rejoins en tout point, à part que je ne me suis toujours pas laissée tenter par le café ! Ah et sinon la ville la plus froide ce n’est ni Melbourne, ni Hobart, c’est la petite oubliée de l’Australie, sa capitale : Canberra 🙂 Et pour le coup ça caille vraiment mais heureusement pas pendant trop longtemps !

    • thelittlegirlinboots@gmail.com says:

      Bonjour Sabine ! Merci pour ton commentaire et ta lecture. C’est vrai, j’avais totalement oublié Canberra ! (Pauvre ville, que beaucoup de voyageurs et d’Australiens laissent de côté !) Il faut à tout prix que nous y mettions les pieds ! Après tout, en termes australiens, ce n’est pas si loin. (7 heures de route seulement…) En attendant, je suis tes aventures sur ton blog et espère y trouver de quoi rêver à nos prochaines escapades !

  3. Sabine says:

    En tout cas si vous passez par Sydney n’hésite pas à nous faire signe ! Pas facile pour nous non plus en ce moment, le changement de ville, le fait de ne pas encore avoir d’amis, dommage que nous ne soyons pas au même endroit ça aurait pu être très sympa 🙂 Et on aurait pu s’organiser des sorties photos et café (ou chai pour ma part) ! Comme je ne connais pas bien la région autour de Melbourne et j’ai hâte de découvrir ça sur ton blog ! Pour Canberra j’ai un petit city guide en préparation (et oui la ville n’est pas grande 😛 ma liste ne sera donc pas aussi longue que celle de Kenza à Budapest ;). En tout cas, j’espère que vous aurez l’occasion d’y aller sur un long WE mais pour l’avoir fait la route est longuuueeee…

    • thelittlegirlinboots@gmail.com says:

      Génial, un city guide pour Canberra, c’est pile ce qu’il nous faut pour relancer la motivation ! Même si c’est clair, les sept heures de route ne sont pas franchement engageantes… Ah, si seulement les Australiens prenaient le TGV au sérieux ! Mais je crois que ce n’est pas pour demain. Promis, je vous ferai signe si nous passons par Sydney ! C’est chouette en tout cas de pouvoir partager nos expériences, même si nous nous trouvons dans deux villes tout de même assez éloignées. 🙂

      • Sabine says:

        Nous t’aurions accueillie avec plaisir, mais il n’y a pas de regret à avoir 😉
        On va dire que ce n’est que partie remise !

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